I believe in the future… de Ask.io ou la charité à l’ère du 2.0

Faites une petite faveur à un étranger sans rien attendre en retour tel est le principe de ask.io, le nouveau projet web de Mike Carson. Ask.io est un site qui affiche une fois par semaine une demande pour une petite faveur à l’ensemble de la population Internet. Répond qui voudra. Tout dépend du bon vouloir de chacun et heureusement, du bon vouloir, il y en a! La charité n’est pas morte et c’est tant mieux!

La première demande postée sur le site provient de Mike lui-même. L’entrepreneur de 37 ans, dans un court message, explique que sa femme est malade et  a été récemment hospitalisée mais son anniversaire arrive bientôt. Il pense qu’elle serait heureuse de recevoir de nombreuses cartes d’anniversaire. Et il termine son message en demandant aux gens (#lesgens) s’ils peuvent envoyer à sa femme une carte d’anniversaire en n’oubliant pas bien sûr de laisser le nom de la principale intéressée ainsi que son adresse. C’est là que la confiance en le genre humain intervient car laisser nom + adresse à l’ensemble du web est quand même d’une grande inconscience…C’est un coup à se retrouver avec une femme malade, une maison vide et des cartes postales d’inconnu. (Oui, je suis d’une nature sceptique. J’ai vu toutes les saisons d’Esprit Criminel alors on me la fait pas à moi…).

Suite à ce premier post, Kirsten, la femme de Mike a reçu plus de 100 lettres pour son anniversaire. 100 lettres d’inconnus! Très ému que tant de gens se soient mobilisés pour apporter à sa femme un peu de bonheur, Mike  a décidé de poursuivre l’aventure en proposant aux gens d’envoyer leurs demandes.

Mike Carson, le créateur de Ask.io souhaitait montrer que ce sont les petits gestes qui peuvent faire la différence. Ce sont les petits gestes qui peuvent changer le monde. Sur la page de présentation de son site, le créateur philanthrope cite d’ailleurs Mère Téresa, la petite soeur des pauvres connue pour ses bonnes actions dont le site applique à la lettre les saintes paroles  » Not all of us can do great things. But we can do small things with great love». En clair, tout le monde n’est pas Jesus ou Nelson Mandela (on suit l’actu t’as vu) mais chacun peut à son échelle faire le bien (La publicité pour Unicef Suède dit presque la même chose à la différence près qu’il s’agit de faire un don d’argent). C’est un acte de pure charité 2.0.

Qu’est-ce que la charité au fond si ce n’est cette vertu poussant à faire le bien d’autrui, à aider son prochain sans rien attendre en retour, par simple amour de l’autre ou envie de faire le bien. Une vertu trop souvent oubliée ou méprisée qui souffre peut-être de sa parenté avec la religion (ne parle-t’on pas de charité chrétienne) mais qui avec ask.io semble capable de renaître et de se libérer du carcan religieux qui l’entoure. La charité avent d’être amour de dieu n’est-elle pas une valeur fondamentalement humaine? (on ne se lancera pas dans un débat théologico-philosophique car nous n’avons pas les arguments mais on apprécie cette vision de la charité laïque et humaniste).

L’une des grandes forces du site est qu’il ne s’attaque pas aux grands maux de l’humanité. Il n’a pas pour vocation de guérir la faim dans le monde ou d’éradiquer la pauvreté. Non, Ask.io est une plateforme qui s’attaque aux petits maux et s’intéresse à l’ individu  et non à la masse. La plateforme n’est pas dans la quantité. Elle n’inonde pas les internautes de demandes. Avec un rythme d’une par semaine, il est facile de tenir le rythme (Ayez, j’ai fait ma BA de la semaine. Je peux continuer à pourrir la vie de mes voisins…). Rien d’étonnant dans cette cadence un peu lente (comparé à  Twitter ou Facebook, il y a un écart de milliards d’années entre une publication sur la plateforme de Mike Carson et celle de Mark Zuckerberg ou Jack Dorsey) dans la mesure où Ask.io soutient le mouvement du slow web (Ces messieurs voudraient décélérer le temps réel… Rien que ça!).

Chez Valhallads, on aime l’idée que de parfaits inconnus puissent décider d’apporter de la joie, d’aider une personne qu’ils ne connaissent pas, qu’ils ne verront certainement jamais par simple bonté d’âme. Par charité (On y tient  décidément à cette vertu. Qui l’eût cru? ). C’est quasi biblique (on a quand même cité Jésus et Mère térésa dans cet article et parler de charité 2.0!). Ask.io et sa charité contemporaine et connecté nous séduit et c’est grâce à ce type d’initiative que l’avenir ne nous parait pas si sombre… #IbelieveInTheFuture